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Déluge Al-Aqsa, un succès politique à un prix très élevé

منذ 3 أشهر|الأخبار


Abed Charef

Victoire à la Pyrrhus? L’opération «Déluge Al-Aqsa», lancée par des factions palestiniennes, dont essentiellement le Hamas, le 7 octobre 2023, a débouché sur un véritable cataclysme à Ghaza. Le bilan est si lourd que nombre d’analystes se demandent si le résultat politique obtenu valait le prix payé.
En effet, le bilan humain est très lourd. Des dizaines de milliers de victimes, près de 70.000 reconnus, peut-être le double, voire le triple, sans compter les blessés et les handicapés à vie.
Mais le plus frappant aujourd’hui à Ghaza, ce sont les destructions. Habitations, écoles, immeubles administratifs, hôpitaux, routes, stations d’électricité et d’eau, dépôt de nourritures et de carburants, établissements publics, rien n’a été épargné. L’armée israélienne s’est employée à tout détruire, de manière méthodique. Avec un double objectif: d’un côté, punir, se venger, et d’un autre côté, montrer aux Palestiniens ce qu’il leur en coûte de résister, afin de dissuader toute idée de résistance à l’avenir.
Le Hamas a probablement sous-estimé la sauvagerie israélienne, ainsi que la capacité de ce qu’on appelle la «communauté internationale» à regarder accomplir un crime, quand ce ne sont pas les plus puissants qui sont touchés.
Ce sont les points noirs de l’opération «Déluge Al-Aqsa», un aspect qu’on ne peut occulter, au deuxième anniversaire de cette opération.
Ce n’est pas le seul point sombre. Il y en a d’autres, nombreux.
Le délire de la propagande israélienne
Malgré un effort remarquable, les Palestiniens n’ont pas non plus maîtrisé le narratif de «Déluge Al-Aqsa» durant les premières semaines, ce qui ne leur a pas permis d’en tirer avantage dans l’immédiat. Bien au contraire, ce sont les israéliens qui, grâce aux complicités dans les médias occidentaux dominants, ont imposé le tempo. A défaut de contrôler un événement, ils en ont organisé le récit. Grâce à des coups médiatiques classiques, d’énormes mensonges repris par les médias les plus influents du monde. L’histoire des femmes violées et des quarante bébés décapités en ont constitué le modèle le plus abouti, comme fausse information destinée à émouvoir l’opinion publique pour la détourner d’autres sujets. Complices ou manipulés, l’essentiel des médias les plus influents du monde ont foncé tête baissée dans le mensonge. Fait remarquable, même le président américain de l’époque, Joe Biden, a participé à la curée. A-t-il été manipulé? Difficile de le croire, pour celui qui était l’homme le plus puissant du monde. A-t-il délibérément menti, alors qu’il savait que c’était faux? Encore plus difficile pour, répétons le, l’homme le plus puissant du monde.
Dans le feu de l’action et dans la confusion, les Palestiniens ont enlevé des centaines d’israéliens. Dans le lot, des civils qui n’auraient pas du être capturés, et dont la plupart ont été libérés dès les premiers échanges de prisonniers. Mais les palestiniens n’ont pas réussi à imposer le mot «prisonnier de guerre» à la place du mot «otage». Or, parmi les personnes capturées, figurent essentiellement des militaires israéliens, dont de très nombreux officiers. Alors qu’il y a des milliers de détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, sans jugement, soumis à des tortures, dont plusieurs milliers d’enfants, on n’utilise pas le mot «otages» pour les désigner alors qu’on utilise le même mot pour des militaires faits prisonniers dans leur caserne!
Défaillance des autres organisations palestiniennes
Autre échec majeur du Hamas, il n’a pas réussi à entraîner le reste des organisations palestiniennes dans la résistance, laquelle ne peut être que nationale et consensuelle. Cela donne l’impression que la question palestinienne est une affaire religieuse, limitée à un courant islamiste, ce qui n’est pas le cas. L’OLP et sa colonne vertébrale, le Fatah, ont toujours été des organisations pluralistes, laïques, ce qui a fait leur force.
Dans la même logique, le Hamas n’a pas réussi à imposer un consensus national autour de l’idée de résistance. L’autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas et le Fatah, qui constituait historiquement la colonne vertébrale de la résistance, sont dans une logique de négociation, plutôt synonyme de renoncement.
Une audace exceptionnelle
Tout ceci affecte quelque peu le bilan du 7 octobre, mais ne touche pas à l’essentiel: «Déluge Al-Aqsa» est un succès politique majeur.
Cette opération a d’abord été d’une incroyable complexité et d’une audace inégalée. Aucun scénariste hollywoodien n’aurait imaginé pareil coup de force. 1.200 hommes, à moto, en voiture, en pick-up, par mer, en parapente, à pied, ont mené des attaques simultanées contre 25 installations militaires israéliennes, après avoir neutralisé le système de surveillance à la bordure de Ghaza.
Alors qu’il étaient réputés quasi-infaillibes, les services de renseignements israéliens n’ont rien vu venir. Plus tard, des fuites organisées ont laissé entendre que les israéliens auraient été au courant et ont laissé faire, dans le but de piéger les Palestiniens et d’achever la résistance. Mais c’est une simple tentative de récupérer une situation hors de contrôle, une opération de communication à laquelle aucun analyste sérieux n’a cru.
Cloisonnement total
Avoir réussi à garder le secret sur une opération d’une telle envergure, impliquant autant de monde, nécessitant autant de préparation, dans un territoire supposé truffé d’espions et d’indicateurs, qui de plus est, surveillé par air, par mer, par satellite, avec toute sorte de systèmes électronique, relève du miracle.
Et ce n’était pas le seul miracle. La résistance a en effet montré qu’elle avait une capacité d’organisation hors pair. Anticipant un affrontement d’une violence inouïe, sur une longue durée, avec la disparition prévisible de nombreux cadres, la destruction de dépôts d’armes et de munitions, elle a mis en place un dispositif qui lui a permis de conserver une chaîne de commandement qui n’a jamais failli. La disparition d’un dirigeant, aussi important soit-il, comme Yahia Sinwar, n’a pas particulièrement altéré la capacité de la résistance à garder sa cohérence, sa maîtrise des événements, ni sa capacité de négociation. Ce qui montre que la résistance peut avoir un prix parfois exorbitant, mais qu’elle est incontournable. Et possible. «Déluge Al-Aqsa» a réhabilité l’idée de résistance, tout en révélant au monde la nature de l’État d’Israël: une entité raciste, criminelle, violant systématiquement le droit international.
Comme effet immédiat, l’opération «Déluge Al-Aqsa» a aussi détruit le mythe de l’invulnérabilité d’Israël, et de ses services de renseignement supposés infaillibles. Elle a provoqué une telle situation de panique que les États-Unis ont dépêché deux porte-avions dans la région.
Fin de la normalisation
Mais la victoire politique la plus importante est ailleurs: «Déluge Al-Aqsa» a replacé la question palestinienne au cœur de la crise du Proche-Orient, tout en détruisant l’idée de normalisation. Signe de cette victoire politique, des dirigeants de pays occidentaux aussi «sionisés» que ceux de Grande Bretagne et de France, ont été contraints de reconnaître l’État palestinien, sous peine de passer pour des complices de génocide aux yeux de leurs propres peuples. L’opinion occidentale, depuis toujours manipulée en faveur d’Israël, a basculé au profit des Palestiniens. Désormais, les israéliens en voyage à l’étranger sont rejetés, obligés de se cacher. L’équipe de football d’Israël, qui doit jouer un match de qualification en coupe du monde contre l’Italie le 14 octobre, a été obligée de garder secret le lieu de sa résidence, et elle se déplace sous protection du Mossad. Toutes les apparitions de sportifs ou d’artistes israéliens à l’internationale constituent désormais des humiliations pour eux. Le traditionnel chantage à l’antisémitisme ne fonctionne plus. Et pour couronner le tout, le premier ministre israélien et son ancien ministre de la Défense ont fait l’objet d’un mandat d’arrêt international pour crimes de guerre. Inimaginable avant le 7 octobre.

تاريخ Oct 8, 2025