الحراك الإخباري - Nicolas Sarkozy, un délinquant qui a déstabilisé l’Afrique
إعلان
إعلانات الصفقات العمومية - ANEP
إعلان

Nicolas Sarkozy, un délinquant qui a déstabilisé l’Afrique

منذ 3 أشهر|الأخبار

Abed Charef

Aux yeux de la loi française, Nicolas Sarkozy est un délinquant. Qui plus est, un délinquant récidiviste.

Jeudi 25 septembre 2025, un tribunal français a reconnu l’ancien chef de l’État, coupable d’association de malfaiteurs, et l’a condamné à cinq ans de prison. Ancien ministre, baron de la droite française, ténor de la vie politique pendant trois décennies, représentant d’une droite dure prônant des méthodes musclées pour lutter contre la délinquance et imposer l’ordre, M. Sarkozy est empêtré dans des procès sans fin depuis une dizaine d’années.

Il est finalement tombé, victime d’une de ses prophéties. Selon une citation qui lui est attribuée, M. Sarkozy aurait écrit que « quand un individu revient pour la 17e fois devant le tribunal, il doit être puni pour l’ensemble de son œuvre».

Lui-même avait déjà été condamné à trois ans de prison, dont une année ferme, avec détention à domicile sous bracelet électronique, dans une affaire d’écoutes, dite affaire Bismuth.

Dans une autre affaire, dite Bygmalion, concernant le financement de sa campagne présidentielle en 2012, il avait déjà été condamné à une peine d’inéligibilité et de privation des droits civiques pour trois ans.

Doute légitime

Certes, dans le dernier procès, le tribunal n’a pas retenu contre M. Sarkozy la charge de financement libyen de sa campagne électorale de 2007, faute de preuves. Mais comme on est face à ce qu’on peut légalement appeler un délinquant récidiviste, qui a multiplié les coups tordus et utilisé tous les moyens pour arriver au pouvoir, il est permis de supposer qu’il a concrètement bénéficié d’argent libyen, comme le disent de nombreux acteurs. M. Sarkozy a toutefois été assez habile pour ne pas laisser de traces. Mais est-il vraiment nécessaire de chercher des traces d’éléphant quand on a un éléphant qui marche devant soi?

Impunité en Afrique

Voilà donc un délinquant rattrapé pour ses crimes en France. Mais pour les crimes commis en Afrique,M. SarKozy ne risque pas d’être inquiété, même si les faits sont beaucoup plus graves.

L’homme qui a fait la leçon à l’Afrique, lui reprochant de ne pas être entrée dans l’histoire, a en effet commis des actes qui ont déstabilisé une partie du continent, provoquant des drames en cascade dans de nombreux pays. On va en rappeler deux.

En Côte d’Ivoire, M. Sarkozy a fait destituer un président, Laurent Gbagbo, pour installer un de ses amis à la tête de l’État, Alassane Ouattara. Les deux hommes, en compétition pour la présidence de leur pays, revendiquaient une victoire électorale, chacun de son côté. M. Gbagbo était proclamé vainqueur par un conseil constitutionnel supposé à ses ordres, Ouattara étant reconnu vainqueur par l’ONU, sous influence française.

M. Sarkozy a eu recours aux forces militaires françaises qui disposaient de bases importantes en Côte d’Ivoire, pour bombarder des positions des forces loyales à Laurent Gbagbo. Lequel Gbagbo avait pourtant gracieusement offert trois millions d’euros à Jacques Chirac, prédécesseur de Sarkozy à l’Élysée, comme le révèle M. Gbagbo lui-même dans une vidéo virale.

Après avoir été destitué, M. Gbagbo a été traîné devant la Coup Pénale Internationale, qui l’a finalement acquitté en 2019 après plusieurs années de détention. Dans l’intervalle, le pays avait été sérieusement déstabilisé, un président en poste déchu de ses fonctions pour être remplacé par un vassal de la France, sans compter les morts et les destructions causées par les combats, auxquels la France, dirigée par M. Sarkozy, a activement participé.

L’assassinat de Kadhafi

Le deuxième exemple est la Libye. Certes, la justice française n’a pas condamné M. Sarkozy pour avoir perçu de l’argent libyen, faute de preuves. Mais le déroulé des faits, les témoignages, les documents, les enquêtes de presse, sont accablants. Au sein de l’opinion, la chose paraît évidente.

Assassiner le dirigeant libyen Maamar Kadhafi, c’est faire disparaître un témoin. La contestation libyenne à la faveur du «printemps arabe» a servi de prétexte.

Le résultat est connu: une déstabilisation de la Libye qui dure depuis 2011, un effet domino qui a fini par installer toute la région du Sahel dans une instabilité chronique, avec une expansion sans fin des mouvements jihadistes, un impact direct sur l’Algérie et la Tunisie, une déferlante de migrants à partir des côtes libyennes vers l’Europe.

Tout ceci est le résultat, entre autres, d’une politique menée par un délinquant, produit de la démocratie française, un homme qui a longtemps symbolisé la détermination face aux délinquants, avant d’en devenir un. Et malgré ses déboires, il est toujours écouté, et sert de référence à la nouvelle figure de la droite française, Bruno Retailleau, l’homme qui a fait de l’Algérie son principal terrain politique.

تاريخ Sep 26, 2025