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Génération Z au Maroc : la jeunesse qui dit “assez” au Makhzen

منذ 3 أشهر|الأخبار


Ahmed ABDELKRIM

Le Maroc traverse une crise profonde, qui mêle instabilité politique, inégalités économiques et tensions sociales. Au cœur de cette tempête, une jeunesse lucide et connectée : la Génération Z, née entre 1996 et 2012. Elle a grandi avec les smartphones et les réseaux sociaux, observant un pays où le talent et l’effort semblent désormais insuffisants pour construire un avenir digne.

Meriem, 23 ans, raconte : « Je viens d’une famille modeste. J’ai travaillé dur, mais je n’ai pas pu entrer à l’ESCA, l’École supérieure de commerce de Casablanca. C’est payant, certes, mais ce sont toujours les mêmes qui obtiennent les places, pas parce qu’ils sont meilleurs, mais parce qu’ils ont les bons contacts et les bons réseaux. »

Amine, 25 ans, acquiesce : « Pour décrocher un poste dans une banque ou une multinationale, il faut avoir un réseau paternel solide. Les fils et filles de l’élite du Makhzen occupent tous les postes stratégiques. Nous, simples enfants de policiers ou d’enseignants, on se bat pour trouver des petits boulots justes pour survivre. »

Ces voix révèlent un écart de plus en plus criant entre une bourgeoisie du Makhzen qui concentre pouvoir et privilèges, et la majorité des Marocains, prisonniers du chômage et de l’exclusion sociale. Le taux de chômage des jeunes atteint 36,7 %, et une part importante reste inactive, ni en emploi ni en formation. Pour ceux qui travaillent, la précarité et l’absence de contrat formel sont monnaie courante.

Au Maroc, il existe deux mondes : d’un côté, l’élite accède aux meilleures écoles, aux stages les plus prestigieux, aux postes les plus rémunérateurs. De l’autre, la majorité des jeunes voit ses efforts étouffés par le copinage, la corruption et l’influence.

Cette génération ne se résigne pas. Elle se mobilise, surtout en ligne, sur Discord, Instagram et d’autres plateformes numériques, à travers des collectifs comme GENZ212 ou Moroccan Youth Voice. Leur mot d’ordre : un Maroc plus juste, avec des réformes réelles dans l’éducation, l’emploi et la lutte contre la corruption.

Leur action prend des formes nouvelles : débats en ligne, contenus engagés, campagnes de sensibilisation. Ils refusent les discours populistes qui promettent beaucoup et n’offrent rien. Leur engagement dépasse le politique : il touche à la santé mentale, à l’inclusion sociale, et à la construction d’une vie professionnelle équilibrée et significative.

La répression n’a pas entamé leur détermination. Les arrestations, les intimidations et les blocages administratifs renforcent au contraire leur sentiment d’injustice et leur volonté de se faire entendre. La combinaison d’exclusion économique, de chômage chronique et de frustration sociale crée un terrain propice à l’explosion. Si cette colère se canalise collectivement, elle pourrait ébranler le système et imposer un nouveau rapport de force.

La Génération Z marocaine n’est pas seulement une génération de jeunes connectés. C’est une force lucide, exigeante et déterminée, consciente des inégalités et des blocages du pays. Elle refuse de rester spectatrice. Et si elle réussit à transformer sa colère en action organisée, elle pourrait bien devenir l’élément de bascule qui force le Maroc à repenser ses structures politiques et sociales.

تاريخ Sep 29, 2025