Par Ahmed ABDELKRIM
Depuis plusieurs mois, l’Algérie est confrontée à une offensive informationnelle intense sur les réseaux sociaux. TikTok, Instagram, X… tous sont utilisés pour diffuser des contenus manipulatoires, appeler à la harga, encourager la violence et déstabiliser la confiance dans l’État et l’armée, symboles de l’unité nationale.
Une menace ciblée et organisée
Ces campagnes ne sont pas le fruit du hasard. Elles exploitent les jeunes, très présents sur les plateformes, avec des vidéos courtes, des hashtags viraux et des contenus émotionnels conçus pour influencer et provoquer des réactions. L’objectif est clair : semer le doute, diviser et affaiblir la cohésion nationale.
L’armée et les institutions publiques sont des cibles privilégiées.
Des contenus falsifiés ou amplifiés circulent pour remettre en question leur légitimité et leur efficacité. Mais la conscience du citoyen, son esprit d’appartenance à la nation, son éveil, ainsi que la vigilance constante et sans faille des services de sécurité, permettent toujours de déjouer ces tentatives. Il ne s’agit pas de vouloir inquiéter la population, mais de constater une réalité grave à laquelle il faut rester attentif.
Les principaux risques pour les citoyens algériens :
• Appels à la harga et à l’émigration : de nombreux contenus présentent la fuite du pays comme simple et valorisante. Cela peut provoquer des départs dangereux et des drames humains. Vidéos sur Tik-Tok qui encouragent les jeunes à quitter le pays.
• Atteinte à la vie privée : la diffusion malveillante d’informations personnelles expose les citoyens à des menaces, chantages ou dangers pour eux et leur famille. La protection judiciaire et la prudence en ligne restent cruciales. Les lois algériennes sont très sévères à ce sujet.
• Campagnes venant de l’étranger contre l’État et l’armée : de fausses informations ou des exagérations cherchent à affaiblir la confiance dans les institutions. Ces campagnes ont pour objectif de fragiliser le lien entre civils et militaires et créer une crise de confiance. La transparence et la communication officielle sont essentielles pour contrer ces attaques. L’armée algérienne provient du peuple lui-même, ce sont donc les enfants de la nation que l’on cible à des fins malveillantes.
• Manipulation des émotions : scandales inventés et contenus provoquant peur ou colère circulent pour créer des réactions impulsives et diviser la société. Développer l’esprit critique et vérifier les informations permet de réduire leur impact. De nombreux « youtubeurs » réfugiés en France, au Royaume-Uni et au Maroc sont financés par les services étrangers pour manipuler les masses.
• Phishing et arnaques en ligne : certains messages trompeurs visent à voler des données ou installer des logiciels malveillants. Ils peuvent causer des pertes financières et compromettre des comptes. La prudence et la formation à la cybersécurité sont indispensables.
• Saturation de l’information : l’inondation d’informations inutiles ou contradictoires empêche de se concentrer sur l’essentiel. Une veille structurée et la priorisation des informations fiables aident à garder le contrôle. Les réseaux sociaux sont inondés de contenus médiocres, qui n’ont rien avoir avec la culture locale ou le partage de la connaissance pour saturer les esprits.
• Réécriture de l’histoire : des interprétations fausses d’événements historiques circulent pour créer des divisions et remettre en cause des symboles nationaux. Remise en cause des valeurs et des combats nationaux, ciblages des symboles de la glorieuse révolution, L’éducation civique et des contre-récits fiables sont nécessaires pour y répondre.
• Exploitation des vulnérabilités socio-économiques : certaines promesses d’aides ou d’emplois cherchent à manipuler les populations vulnérables, avec des risques d’arnaques et de déstabilisation sociale. Informer et contrôler ces filières est essentiel.
• Campagnes internationales : des actions visant l’opinion internationale cherchent à isoler le pays ou exercer des pressions. La diplomatie proactive et la surveillance des narratifs étrangers permettent de limiter leurs effets. Le redéploiement très actif de la diplomatie algérienne a l’international est une excellente initiative.
Des réponses techniques et légales solides
Face à cette menace, l’Algérie dispose d’un dispositif complet de lutte contre la cybercriminalité et la désinformation :
Structures spécialisées
- Le Centre national de lutte contre la cybercriminalité
- Le Centre algérien de traitement de l’information numérique collabore avec les services judiciaires pour suivre les campagnes de manipulation et remonter les auteurs.
Les services de sécurité algériens disposent de personnels hautement formés en cyberdéfense, renseignement numérique et analyse de l’information. Des équipements spécialisés permettent de détecter les campagnes automatisées, d’identifier les comptes fictifs et de neutraliser rapidement les contenus hostiles.
Textes de loi et cadre juridique
- La loi n° 18-04 relative à la prévention et à la lutte contre la cybercriminalité encadre strictement l’usage frauduleux des réseaux numériques.
- Le code pénal algérien prévoit des sanctions sévères pour l’incitation à la violence, la diffusion de fausses informations et la menace contre les institutions nationales.
L’action quotidienne pour protéger les citoyens
Grâce à ces dispositifs, l’État algérien intervient efficacement pour :
• Bloquer les contenus dangereux ou mensongers ;
• Sensibiliser la population aux risques des fake news et des manipulations numériques ;
• Poursuivre judiciairement les auteurs de contenus malveillants, qu’ils soient en Algérie ou à l’étranger ;
• Coopérer avec les plateformes internationales pour limiter la diffusion des messages hostiles.
L’implication du citoyen est essentielle
La guerre médiatique ne peut être gagnée sans la participation active des citoyens. Vigilance, esprit critique, signalement des contenus suspects et respect des règles de sécurité numérique sont autant d’armes pour protéger la nation. La sécurité du pays est l’affaire de tous.

